L’écriture numérique et le micro-projet, nouveau graal de l’enseignant ?

Bonnet d'ane, de Henri Faraut

Henri Faraut, Le bonnet d’âne (via Klickr)

Une fois n’est pas coutume, voici quelques réflexions nombrilo-centrées sur la transformation du métier d’enseignant face à l’évolution des pratiques en collège, induite par la Réforme.

Face à l’incapacité du collège à faire progresser tous les élèves, quelque soit leur origine sociale, face aux résultats piteux des élèves français aux tests internationaux, le Ministère de l’Éducation Nationale propose une réforme ambitieuse qui va toucher tous les niveaux du collège, dès la rentrée 2016. Une des pierres angulaire est l’EPI, l’Enseignement Pratique Interdisciplinaire.

A notre sens le renouvellement des pratiques pédagogiques attendu doit s’appuyer fortement sur l’écriture numérique. Il ne s’agit pas ici d’une finalité, mais d’un biais. En effet, l’écriture numérique est une approche résolument « moderne » dans la mesure où elle va permettre de transformer le rapport au savoir de l’élève ainsi que la posture de l’enseignant. Bien entendu, on peut toujours demander aux élèves de réaliser des posters ou des rédactions. Mais, on passe ainsi à coté de beaucoup de choses…

La mise en place d’un micro-projet permet une démarche transversale d’éducation où le numérique est un outil au service de tous, et non, là encore, un moyen ou une finalité. C’est tout autant un outil au service des compétences et de l’évaluation des élèves.
Dans cette nouvelle posture, l’enseignant devient un médiateur, certains disent un coach, un animateur car « c’est par la médiation cognitive que l’enseignant donne à l’élève les moyens d’apprendre et donc les clés pour sa réussite scolaire » (Britt-Mari Barth)
L’enseignant organise une situation pédagogique que l’élève doit résoudre. A cette fin, il doit mettre en œuvre des compétences sociales pour s’organiser, collaborer et s’entraider et ainsi proposer une réponse collective. En effet, il faut mettre en avant le travail entre pairs. On a donc une transformation du rapport enseignant-élèves. La situation classique peut-être qualifiée de « frontale » car le savoir est descendant, distribué par l’enseignant à des apprenants passifs. La révolution, ce sera d’y substituer une relation de proximité où l’enseignant est là pour conseiller, débloquer une situation et apporter des outils. Il y a donc co-construction du savoir.

En outre, l’écriture numérique fait partie du quotidien de chacun dans une société qui a massivement basculé dans l’ère informationnelle et il devient essentiel de former un citoyen numérique capable d’évoluer au sein de l’infosphère.

 

« C‘est par la médiation cognitive que l’enseignant donne à l’élève les moyens d’apprendre et donc les clés pour sa réussite scolaire » (Britt-Mari Barth, Le savoir en construction. Former à une pédagogie de la compréhension, Retz, 1993.)

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À propos Crémieu-Alcan
Professeur en collège, Historien moderniste, spécialiste de la forêt, formateur wordpress (niveau 2), mène une réflexion sur les usages pédagogiques du web 2.0. Co-anime la classe Médias du collège Dupaty (une classe PEM).

4 Responses to L’écriture numérique et le micro-projet, nouveau graal de l’enseignant ?

  1. Merci pour cet article. Je ne sais si cela vous intéresserait ou si vous êtes déjà au courant:
    Enseigner et former avec le numérique en mathématiques:
    https://www.fun-mooc.fr/courses/ENSDeLyon/14003S02/session02/about

    • Crémieu-Alcan says:

      Merci pour votre commentaire et vos encouragements. Je suis malheureusement très peu performant en Mathématique.

  2. moocreflexion says:

    Il est très important de faire comprendre à la jeune génération, qui est née après ou avec l’ère numérique, que le web est véritablement un OUTIL d’acès à la connaissance, au savoir et au développement personnel. D’autant que ces jeunes pensent connaître les rouages du web parce qu’ils ont un compte sur les réseaux sociaux. Mais que font-ils du web ? A part mettre leurs dernières photos de vacances ou de beuverie, ou pire encore leurs déboires sentimentaux.
    Personnellement, je ne trouve aucun intérêt à cette utilisation particulière de la toile. Sur le compteur d’âge, le radar me flashe à plus de 50.
    En revanche, le web a remplacé mon dico (que je consultais très réglièrement pourtant) d’une façon bien empirique. On accède LIBREMENT à l’information, au PARTAGE du savoir. Plus on navigue, plus on se rend compte de tout ce que nous ne connaissons pas encore. Pour moi, ce n’est pas désolant, bien au contraire, ça me pousse à avancer. Comme on dit « qui a bu, boira ». La soif d’apprendre n’en finit pas.

    • Crémieu-Alcan says:

      Oui, c’est très important. En même temps il faut former le citoyen 2.0 : la ê-réputation devient primordiale.

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