Comment aider un élève Dys ?

Ce n’est pas toujours facile de lire un texte. Exemple d’écriture en boustrophédon (©wikimédia).

Tout d’abord, il convient de se mettre d’accord sur un fait incontournable : un enseignant n’est pas qualifié pour intervenir dans les cas de dys-quelque chose. C’est le travail des orthophonistes, des psychomotriciens et d’autres professionnels.

Cependant, un enseignant peut mettre en place quelques solutions de confort. Du bricolage, certes, mais qui peut être payant. D’une manière paradoxale, réserver une place centrale par rapport au tableau et proche du premier rang est une bonne idée car l’élève sera moins sensible aux distractions et pourra davantage se concentrer. On rappelera ici que notre élève ayant du mal à décoder, il est plus rapidement terrassé et par la fatigue et par la sur-charge cognitive. Une attention bienveillante, des encouragements sont une très bonne stratégie pour faire progresser tous les élèves et ceux-ci en particulier.

Limiter la fatigue, c’est, par exemple, éviter de faire écrire un long résumé et le donner (ou le faire écrire et le donner à la fin du cours, si on veut que toute la classe fasse la même chose…). Lire à haute voix les consignes est tout aussi primordial.  Au reste, on peut aussi laisser le voisin faire ce travail. Cela semble le b.a-ba, et pourtant, ce n’est pas toujours mis en place.

Dans ce même ordre d’idée, si on utilise un diaporama, ou un autre type de support de cours, il faut en fournir une version à l’élève. L’idéal serait même qu’il soit en possession du support avant le cours afin d’en prendre connaissance.

D’une manière générale, le support doit être dépouillé. Ici, c’est une règle essentielle, valable pour tous les élèves. Les animations sont inutiles, ou plutôt, sont nécessaires si l’enseignant veut déconcentrer ses élèves. La diapositive (slide) surchargée ne permet pas de dégager l’essentiel. Ces éléments de base, j’en ai déjà abondamment parlé dans ces colonnes. L’idéal est d’utiliser peu de mots et une image « choc » (un pictogramme bien choisi est toujours plus efficace qu’un long discours !).

Une attention toute particulière doit être portée au choix de la fonte. La typographie est en effet une des clefs de la réussite de l’enfant dys, qui, nous l’avons dit de manière assez grossière, ne possède pas un bon décodeur. Il faut choisir des polices sans empattements, de préférence vectorielles, afin que la chasse soit correcte. Si Comic Ms a quelques succès, c’est parce que les lettres sont particulièrement asymétriques et évitent en partie les confusions. Mais cette typo est particulièrement indigeste dès qu’il y a un paragraphe assez fourni : L’œil y voit des pâtés ! Une bonne vieille Helvetica, voire une Arial fera bien l’affaire. Autrement, il y a des polices « spéciale Dys » : leur efficacité ne semble pas garantie. Encore une fois, il s’agit de voir avec l’élève ce qui lui convient, plutôt que de lui asséner une solution. Romy Duhem-Verdière propose des réponses très documentées sur une page de son excellent blog.

En fait, l’attention doit se porter sur la confection du support. Une mise en page aérée avec des titres facilement identifiables (en Comic Ms), des paragraphes en Arial. De fait, il s’agit d’appliquer une bonne algorythmie textuelle. Une idée par paragraphe. Du blanc généreux qui sépare bien les différents textes entre eux. On peut également utiliser les filets ou les cadres. Attention cependant : nous parlons de cadres et non de la fonction « encadrer » qui produit très souvent du n’importe quoi. Dans ce même ordre d’idée, on évitera de souligner des mots. Le gras est amplement suffisant, tandis que l’italique introduit le doute.

Voilà pour ces quelques conseils. Ai-je oublié des éléments importants ?

Remarque : il n’y a pas un trouble, mais des troubles. Il faut donc discuter avec l’élève et ses parents de la stratégie à mettre en place. Lui sait ce qui lui convient le mieux car il est le premier concerné.

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À propos Crémieu-Alcan
Professeur en collège, Docteur en Histoire. Travaille sur les usages pédagogiques du web 2.0. Anime la classe Médias du collège Dupaty (une classe PEM) Site Perso : miscellanees33.wordpress.com

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